« Mais moi, je ne sais pas comment on apprend ! »
Collège, lycée : comment on apprend ses leçons et on garde les connaissances ?
L’autre jour, alors que j’accompagnais mon fils dans ses révisions, il m’a dit quelque chose qui m’a fait réfléchir :
« Mais moi, je ne sais pas comment on apprend ! »
Cette phrase m’a interpellée. On demande régulièrement aux élèves d’apprendre leurs leçons, mais leur explique-t-on vraiment comment s’y prendre ?
Au collège, les matières se multiplient, les cours s’accumulent et le travail personnel prend davantage de place. Au lycée, les connaissances deviennent plus nombreuses et les notions plus complexes. Pourtant, certains élèves arrivent à ce stade sans avoir réellement trouvé comment apprendre efficacement.
Relire sa leçon ne suffit pas toujours
Quand on leur demande comment ils apprennent, certains répondent : « Je lis, je lis, je lis… »
D’autres restent devant leur cahier ouvert, sans parvenir à se mettre réellement au travail, en espérant que les informations finiront par rentrer.
Le problème, c’est que reconnaître une information en la relisant ne signifie pas qu’on sera capable de la retrouver sans son cours. On peut avoir l’impression de connaître sa leçon parce qu’elle nous est familière, puis se retrouver bloqué au moment de répondre aux questions.
Ce n’est pas forcément un manque de travail. Encore faut-il savoir comment mobiliser sa mémoire et vérifier ce que l’on a réellement retenu.
Alors, comment on apprend ?
1. Je commence par comprendre.
Avant de mémoriser, je m’assure d’avoir compris ce que je dois apprendre. Si une notion reste obscure, je ne passe pas à la suite : je demande une explication ou je cherche une autre façon de comprendre, avec un exemple, un schéma ou une ressource adaptée.
2. Je ferme mon cahier et je cherche dans ma mémoire.
Est-ce que je peux expliquer la leçon avec mes propres mots ? Retrouver les idées principales ? Redire une définition sans regarder ?
Je peux aussi essayer d’expliquer ce que j’ai compris à quelqu’un, un parent par exemple, s’il est disponible. C’est une bonne façon de vérifier ce que je suis capable de restituer.
3. Je vérifie et je change de stratégie si nécessaire.
Je rouvre mon cours pour repérer ce que j’ai oublié ou mal compris. Si je bloque toujours, je peux essayer une autre approche.
Le cours donné par l’enseignant reste mon point de départ. Mais d’autres supports peuvent m’aider à consolider les notions : une vidéo explicative, un quiz ou une activité interactive.
Il existe notamment des ressources éducatives comme Lumni, ainsi que des enseignants qui proposent des cours et des exercices en ligne. Au collège, on peut également trouver des activités interactives sur Genially en recherchant le thème du cours et le niveau scolaire. Il faut toutefois vérifier que la ressource correspond bien au programme et au contenu étudié en classe.
L’intérêt de ces supports, ce n’est pas simplement de regarder une vidéo ou de passer du temps devant un écran. C’est de faire quelque chose avec les connaissances : répondre à des questions, manipuler des informations, retrouver une réponse, se tester. On aborde ainsi le cours d’une autre manière, ce qui peut aider à mieux le comprendre et à le mémoriser.

Une leçon s'apprend dans la durée
Autre point important : on ne découvre pas son cours pour la première fois la veille du contrôle.
Mémoriser demande des efforts et de la régularité. Revenir sur une leçon plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle, aide à consolider les connaissances et à les retrouver plus facilement par la suite.
C’est un peu comme le sport : on ne prépare pas un match de football en découvrant le ballon la veille. On s’entraîne régulièrement pour être prêt le jour du match.
Pour les apprentissages, c’est pareil. Mieux vaut des rappels réguliers qu’une longue séance de révision dans l’urgence, où le stress et la fatigue peuvent compliquer les choses.
Et ce travail ne sert pas uniquement à réussir le prochain contrôle. Au fil de la scolarité, les connaissances se reprennent et s’approfondissent. Ce que l’on a réussi à consolider aujourd’hui peut aider à comprendre les notions étudiées demain.
Apprendre à apprendre, ça s’apprend aussi
Dans mon métier d’orthopédagogue, je ne m’intéresse pas seulement à ce qu’un élève sait ou ne sait pas. J’observe aussi comment il s’y prend pour apprendre.
Quelles stratégies utilise-t-il spontanément ? Qu’est-ce qui l’aide à mémoriser ? Qu’est-ce qui le freine ? Est-il capable de repérer ce qu’il a retenu et ce qu’il doit encore travailler ?
L’objectif est de l’aider à prendre conscience de sa façon d’apprendre, à identifier les stratégies qui lui sont utiles et à ajuster celles qui ne fonctionnent pas suffisamment.
Car savoir qu’il faut apprendre sa leçon ne signifie pas nécessairement savoir comment l’apprendre.
Et si la première étape, finalement, était d’apprendre à comprendre comment on apprend ?
Pour aller plus loin
Quelques ressources pour approfondir la question de la mémoire et des apprentissages :
Houdé, O. et Borst, G. (dir.) (2018). Le cerveau et les apprentissages. Nathan, collection « Les repères pédagogiques ». Un ouvrage collectif qui explore notamment la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives et la métacognition.
Lumni – Comment booster ta mémoire ? Une vidéo destinée aux élèves, qui présente des pistes concrètes pour mieux mémoriser, notamment en se testant et en espaçant les révisions.




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