Mon enfant a des difficultés à l'école : quand consulter un orthopédagogue ?
« Il travaille, mais ses résultats ne suivent pas. »
« Il connaît sa leçon quand je la lui fais réciter, mais le lendemain, il a tout oublié. »
« Il comprend quand je lui explique, mais seul, il n'y arrive pas. »
« Il passe une heure sur ses devoirs et ne sait toujours pas par quoi commencer. »
« Pourtant, il a les capacités. Alors pourquoi est-ce si compliqué ? »
Ces situations sont fréquentes lorsque les apprentissages deviennent difficiles. Et pour les parents, une question revient rapidement : vers quel professionnel se tourner ?
Orthophoniste, psychologue, ergothérapeute, enseignant, professeur particulier, orthopédagogue… chacun intervient dans un domaine qui lui est propre.
Alors, quand consulter un orthopédagogue ?
Quand les difficultés s'installent
Un enfant peut être en difficulté sans être en échec scolaire.
Il peut réussir, mais au prix d'efforts importants : devoirs interminables, leçons apprises puis oubliées, besoin constant de l'adulte pour commencer ou terminer son travail…
D'autres difficultés peuvent alerter :
ne pas savoir par quoi commencer ;
oublier les consignes ou le matériel ;
avoir du mal à comprendre ce qui est demandé ;
se perdre dans les différentes étapes d'un exercice ;
avoir des difficultés à rester attentif ;
ne pas savoir comment apprendre ou réviser efficacement ;
perdre confiance malgré ses efforts.
Dans ces situations, « concentre-toi », « apprends mieux » ou « organise-toi » ne suffit pas toujours. Encore faut-il savoir ce qui bloque et comment aider l'enfant à avancer.
Comprendre comment l'élève apprend
L'orthopédagogie s'intéresse aux apprentissages et aux processus qui permettent de les réaliser.
L'orthopédagogue observe et analyse la manière dont l'élève s'y prend : ce qu'il maîtrise, ce qui le met en difficulté et les stratégies qu'il utilise spontanément.
Puis vient le travail : on essaie, on ajuste, on entraîne.
Une stratégie n'est pas imposée parce qu'elle fonctionne pour d'autres élèves. Elle est expérimentée avec l'apprenant et adaptée à son fonctionnement et aux situations qu'il rencontre. Les fonctions concernées — mémoire, attention, planification, flexibilité — sont aujourd'hui bien documentées par la recherche en psychologie cognitive et développementale (Diamond, 2013), ce qui permet à l'orthopédagogue de s'appuyer sur des repères solides plutôt que sur des recettes générales.
Selon les besoins, le travail peut porter sur :
la mémoire et les stratégies de mémorisation ;
l'attention ;
les fonctions exécutives : planifier, s'organiser, commencer une tâche, gérer les différentes étapes ;
la compréhension des consignes et des textes ;
les méthodes d'apprentissage ;
la métacognition, pour apprendre à mieux comprendre son propre fonctionnement.
Ce n'est pas un tour de magie
C'est sans doute le point le plus important à comprendre avant de commencer un accompagnement : une séance d'orthopédagogie ne répare rien à elle seule.
Pendant la séance, l'apprenant réussit. Il applique la stratégie, il la comprend, elle fonctionne devant vous. Mais une stratégie qui fonctionne une fois, dans le bureau de l'orthopédagogue, n'est pas encore une stratégie acquise. Elle ne devient utile que si l'apprenant l'essaie ailleurs : seul, à la maison, face à un devoir, une leçon, un contrôle. C'est cette répétition, dans des situations réelles et variées, qui transforme un outil montré une fois en un réflexe mobilisable de façon autonome (Zimmerman, 2002).
Concrètement, cela veut dire que l'accompagnement ne s'arrête pas à la porte du bureau. Ce que l'apprenant a expérimenté en séance, il doit y repenser, le retenter, parfois se tromper, ajuster — en dehors des rencontres. Sans cette appropriation, même la meilleure stratégie reste une belle idée qui n'a pas eu le temps de devenir une habitude.
C'est aussi ce qui distingue un accompagnement orthopédagogique d'un cours de soutien classique : il ne s'agit pas seulement de faire réussir un exercice, mais d'aider l'apprenant à comprendre pourquoi une façon de faire lui convient, pour qu'il puisse la remobiliser seul, dans un autre contexte, plusieurs semaines plus tard.
Parfois, il faut reprendre les bases
Toutes les difficultés scolaires ne sont pas liées à un trouble identifié.
Certains enfants arrivent dans la classe suivante avec des apprentissages fondamentaux encore fragiles : lecture insuffisamment automatisée, orthographe très fragile, calcul mal maîtrisé, difficultés à résoudre un problème ou à utiliser certaines procédures mathématiques.
Pour différentes raisons, certaines notions n'ont pas été suffisamment acquises ou consolidées.
Il peut alors être nécessaire de revenir à la source de la difficulté, reprendre les bases et les entraîner suffisamment pour qu'elles deviennent solides. Ce travail de consolidation s'appuie lui aussi sur des techniques dont l'efficacité a été comparée et validée par la recherche — la pratique répartie dans le temps ou les mises en situation actives, par exemple, sont nettement plus efficaces pour ancrer un apprentissage que la simple relecture ou le par-cœur (Dunlosky et al., 2013).
L'orthopédagogie peut ainsi concerner aussi bien un élève qui a besoin de consolider ses apprentissages fondamentaux qu'un élève qui doit développer de nouvelles stratégies pour apprendre.

TDAH, troubles dys... : des besoins différents
Un adolescent présentant un TDAH peut parfaitement comprendre son cours mais avoir du mal à se mettre au travail, maintenir son attention, gérer son temps ou organiser les différentes étapes d'un devoir. Le travail pourra notamment porter sur la planification, l'organisation et des stratégies concrètes pour faciliter le passage à l'action.
Un élève présentant plusieurs troubles des apprentissages peut devoir fournir un effort considérable pour lire une consigne, comprendre un texte, mémoriser une leçon, produire un écrit ou résoudre un problème. L'accompagnement pourra alors chercher à s'appuyer sur ses points forts et à mettre en place des stratégies pour contourner certaines de ses fragilités.
Les besoins ne sont pas les mêmes d'un élève à l'autre : l'accompagnement est construit avec lui.
Orthophoniste et orthopédagogue : quelle différence ?
L'orthophoniste est un professionnel de santé qui intervient notamment dans la prévention, l'évaluation et la prise en charge des troubles de la communication et du langage oral et écrit, ainsi que de certaines fonctions associées.
L'orthopédagogie s'inscrit dans le champ pédagogique et s'intéresse directement aux apprentissages : comprendre, mémoriser, raisonner, s'organiser et utiliser des stratégies efficaces.
Les deux accompagnements peuvent donc être complémentaires.
Par exemple, un enfant présentant une dyslexie peut bénéficier d'un suivi orthophonique pour ses difficultés en langage écrit et, parallèlement, d'un accompagnement orthopédagogique pour apprendre ses leçons, organiser son travail ou développer des stratégies adaptées à ses besoins.
Une profession née au Québec, qui inspire
En France, l'orthopédagogie reste une pratique jeune et encore peu connue du grand public. Ce n'est pas le cas partout : au Québec, où la profession est structurée depuis plusieurs décennies autour d'associations comme l'ADOQ (Association des orthopédagogues du Québec), elle fait partie des ressources auxquelles les familles pensent naturellement quand un enfant peine à l'école.
C'est là-bas, par exemple, qu'Annie Lussier a fondé la Clinique Apprendre !, où elle accompagne depuis plus de vingt ans des enfants, des adolescents et de jeunes adultes en s'appuyant sur une approche résolument ludique : jeux de société, applications pédagogiques, mise en confiance avant tout. Son parti pris rejoint une conviction que je partage dans mon propre cabinet : un apprenant qui se sent compétent et en confiance apprend mieux — et un accompagnement qui reste rigide et austère a peu de chances d'être réinvesti spontanément une fois la séance terminée.

Un suivi rythmé, comme chez l'orthophoniste ?
Quand on prend rendez-vous chez l'orthophoniste ou le psychomotricien, on ne réserve généralement pas qu'une seule séance : on s'engage sur un suivi régulier, pendant plusieurs semaines. C'est la même logique en orthopédagogie.
Les séances sont hebdomadaires ou espacées de quinze jours au maximum. Au-delà, le suivi perd en efficacité : trop de temps passe entre deux rencontres pour pouvoir revenir sur ce qui a été mal fait entre-temps, ajuster une stratégie qui n'a pas fonctionné, ou simplement se souvenir de ce qui a été travaillé la fois précédente. Autant être honnête : un apprenant qui revoit son orthopédagogue trois semaines plus tard a souvent oublié l'essentiel de la séance précédente ; à quinze jours, la mémoire est encore là.
Quant à la durée totale de l'accompagnement, elle dépend entièrement de ce qu'il y a à travailler. Certaines difficultés se résolvent en une dizaine de séances, le temps de voir une nette amélioration. D'autres demandent un accompagnement plus long, simplement parce qu'il y a davantage de terrain à couvrir. Il n'y a pas de durée standard : le rythme et la durée se construisent avec chaque apprenant, en fonction de ce qui l'amène.
Quand consulter un orthopédagogue ?
Un accompagnement peut être pertinent lorsque votre enfant :
fournit beaucoup d'efforts pour des résultats fragiles ;
passe énormément de temps sur ses devoirs ;
dépend fortement de l'adulte pour travailler ;
oublie rapidement ce qu'il vient d'apprendre ;
ne sait pas comment apprendre ou réviser ;
rencontre des difficultés d'attention ou d'organisation ;
présente des apprentissages fondamentaux encore fragiles ;
rencontre des difficultés persistantes en lecture, écriture ou mathématiques ;
perd confiance malgré ses efforts.
Cette liste ne permet pas de poser un diagnostic. Elle peut simplement aider à se demander si la difficulté concerne ce que l'enfant doit apprendre, la manière dont il apprend, ou les deux.
L'objectif : devenir progressivement autonome
L'orthopédagogie ne consiste pas seulement à aider un enfant à réussir son prochain contrôle.
Il s'agit de lui permettre de mieux comprendre son fonctionnement, de trouver des stratégies efficaces et de les utiliser progressivement de façon autonome.
Parce que derrière la question :
« Comment faire pour qu'il réussisse ? »
il y a aussi une question essentielle :
« Comment peut-il apprendre à réussir par lui-même ? »
Cette autonomie se construit progressivement, avec un professionnel qui accompagne, mais surtout avec un apprenant qui pratique.
Vous vous reconnaissez dans ces situations ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre que les difficultés deviennent importantes pour demander conseil.
Un premier échange permet de faire le point sur la situation de votre enfant, ses besoins et sa manière d'aborder les apprentissages — et de vous expliquer concrètement à quoi ressemblerait un accompagnement adapté à sa situation.
Chez Neuronéo, l'accompagnement orthopédagogique porte notamment sur la mémoire, l'attention, les fonctions exécutives, la compréhension, les méthodes d'apprentissage et la métacognition.
L'objectif : aider chaque enfant et chaque adolescent à progresser dans ses apprentissages et à devenir progressivement plus autonome.
Bibliographie
Diamond, A. (2013). Executive Functions. Annual Review of Psychology, 64, 135-168.
Dunlosky, J., Rawson, K. A., Marsh, E. J., Nathan, M. J., & Willingham, D. T. (2013). Improving Students' Learning With Effective Learning Techniques: Promising Directions From Cognitive and Educational Psychology. Psychological Science in the Public Interest, 14(1), 4-58.
Zimmerman, B. J. (2002). Becoming a Self-Regulated Learner: An Overview. Theory Into Practice, 41(2), 64-70.
Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ) — ladoq.ca
Clinique Apprendre ! — Annie Lussier, orthopédagogue — cliniqueapprendre.ca



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