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Pourquoi votre enfant a du mal à comprendre les consignes et comment l'aider ?

  • Photo du rédacteur: Nathalie Pérignon
    Nathalie Pérignon
  • 20 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 mars

Dans le tourbillon des apprentissages, c’est une phrase que j’entends presque quotidiennement en cabinet : « Il sait ses leçons, il connaît ses notions, mais il ne parvient pas à comprendre les consignes lors des évaluations. » De l’école primaire ou au lycée, ce blocage est un frein majeur à l’autonomie. Pourtant, décoder une instruction n'est pas un acte magique : c'est une véritable mécanique intellectuelle qui s'apprend et se muscle.


Les 7 étapes clés pour bien comprendre les consignes

Comprendre une instruction, c’est comme suivre une recette de cuisine : si on oublie de préchauffer le four, le résultat ne sera pas là.

En orthopédagogie, nous décomposons ce processus en 7 étapes essentielles :

  1. Accrocher l'attention : Se mettre en état de "réception" et fermer les "onglets mentaux inutiles".

  2. Inhiber l'impulsion : C’est l’étape la plus délicate ! Résister à l’envie de se jeter sur son crayon avant d’avoir fini la lecture.

  3. Identifier l'action : Repérer le verbe principal (Colorie, Souligne, Calcule...).

  4. Traiter les détails : Noter les contraintes spécifiques (en bleu, seulement les noms propres ...).

  5. Séquencer : Définir l'ordre logique des tâches à accomplir.

  6. Planifier : Visualiser mentalement le résultat final avant de démarrer.

  7. Vérifier : Se poser la question : "Est-ce que j'ai bien répondu à ce qui était demandé ?"


Pourquoi le décodage des consignes bloque-t-il souvent ?

Plutôt que de dire "il n'est pas attentif", cherchons précisément où le train déraille. J'utilise souvent un exemple concret pour illustrer la différence entre "savoir sa leçon" et "comprendre les consignes".

Mains d'un enfant en train d'entourer des verbes et des noms sur une fiche d'exercices. Il utilise la couleur rouge pour les verbes et le bleu pour les noms, inversant ainsi les couleurs demandées dans la consigne, illustrant une difficulté de traitement des détails.
L'exemple type : Imaginons un exercice où l'enfant doit "entourer les verbes en bleu et les noms en rouge". L'enfant rend sa copie : il a tout entouré correctement, mais il a inversé les couleurs (verbes en rouge, noms en bleu).
Le diagnostic ? L'enfant maîtrise parfaitement la grammaire, mais il a échoué au niveau du traitement des détails et de la planification.
Sa mémoire de travail a été saturée : il a mis toute son énergie à identifier la nature des mots, délaissant la contrainte de couleur.

Prenons cette consigne : « Écris les nombres suivants en lettres : 5, 7, 9, 11 ». L'enfant écrit alors avec application : treize, quinze, dix-sept...


Infographie d'orthopédagogie montrant un exemple d'erreur de consigne : un enfant complète une suite logique (5, 7, 9, 11...) au lieu de simplement transcrire les nombres demandés, illustrant un défaut d'inhibition.

Le diagnostic ? Ici, l'enfant a glissé vers un automatisme logique. Il a identifié une suite de nombres impairs et son cerveau a pris les devants pour "compléter la suite" au lieu de simplement "transcrire" les nombres donnés. C'est un défaut d'inhibition : il n'a pas résisté à l'envie de deviner la suite pour rester fidèle à l'ordre écrit.


C'est là que l'orthopédagogie intervient : on ne retravaille pas la notion (la suite des nombres ou la grammaire), on travaille la stratégie de lecture de consigne.



Des stratégies adaptées pour réussir à comprendre les consignes

Pour transformer ces défis en réussites, j'intègre des outils concrets inspirés des neurosciences dans mes ateliers.


  • La segmentation et l'inhibition

    Pour les enfants (notamment avec un profil TDAH ou DYS), une consigne longue est une montagne infranchissable. Nous apprenons à tronçonner l'information : on ne lit qu'une partie, on réalise l'action, puis on passe à la suivante. J'utilise également des timers visuels pour apprendre à l'enfant à "marquer un temps d'arrêt" avant de prendre son stylo. C'est le secret pour ne plus inverser les couleurs !

  • La métacognition et le questionnement

    Au lieu de demander "Tu as compris ?" (ce à quoi l'enfant répond toujours oui), nous entraînons l'apprenant à reformuler : "Qu'est-ce qu'on te demande de faire en premier ? Quelles sont les pièges (couleurs, nombres) à surveiller ?". Cette habitude renforce la mémoire de travail et permet d'automatiser le réflexe de vérification en fin d'exercice.

  • Une compétence qui dépasse le cadre scolaire

    Savoir comprendre les consignes est une compétence utile tout au long de la vie. Ces stratégies sont les mêmes que nous utilisons avec les adultes ou les seniors :

    • Dans la vie professionnelle : Pour ne pas omettre une étape cruciale d'un compte rendu ou d'une procédure de sécurité.

    • Au quotidien : Pour suivre une recette de cuisine complexe, monter un meuble en kit ou remplir un formulaire administratif sans erreur.


L'orthopédagogie permet de transférer ces outils du cahier d'école vers les défis de tous les jours.


Vers l'autonomie et la réussite scolaire

Maîtriser l'art de comprendre les consignes réduit l'anxiété et redonne confiance à l'apprenant. Chez Neuroneo, mon rôle d'orthopédagogue est de transformer ces moments de tension en leviers de réussite durable.


 
 
 

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