Comment aider à la mémorisation un enfant ayant un trouble du neurodéveloppement (Dys, TDAH...) ?
- Nathalie Pérignon
- il y a 4 jours
- 3 min de lecture
Pour un enfant présentant un trouble du neurodéveloppement (TND) retenir l’orthographe ou le vocabulaire d’une langue ressemble souvent à une montagne. La raison est biologique : leur mémoire de travail se sature très rapidement, surtout si un TDAH est associé.
Pourtant, les neurosciences apportent des solutions concrètes. Des experts comme Stanislas Dehaene, Steve Masson ou Jean-Philippe Lachaux démontrent que des stratégies ciblées permettent de recréer des circuits cérébraux efficaces. Voici des principes validés par la recherche pour des progrès concrets au quotidien.
Ce que dit la science concernant la mémorisation de l'enfant (Dys TDAH...)
Steve Masson (neuroéducation) prouve que chercher l’info en mémoire (récupération active) modifie les connexions neuronales mieux que la relecture passive. Jean-Philippe Lachaux (directeur de recherche à l'INSERM) souligne l'importance de la synchronisation neuronale : pour qu'un apprentissage soit efficace, le cerveau doit être pleinement attentif à une seule cible. Cela nécessite de découper les tâches en micro objectifs pour éviter la saturation cognitive.
Astuce 1 : Le "Fractionnement sur-mesure" (Antidote à la surcharge)
Plutôt que de vouloir apprendre toute une liste de mots ou un chapitre d'un coup, l'idée est de s'adapter aux capacités réelles de l'enfant. Pour un enfant multidis ou ayant un TDAH, apprendre 5 mots peut être épuisant ; descendre à 2 ou 3 mots par session garantit la réussite et préserve l'attention. Cette approche est la clé d'une bonne mémorisation pour l'enfant ( Dys, TDAH...).
Le conseil pratique : Anticipez les dictées ou les évaluations. En commençant plus tôt, vous pouvez fractionner l'apprentissage sur plusieurs jours sans pression.
Le rituel de mémorisation :
Dire à voix haute : Repérer le piège ("Où ça coince dans ce mot ?").
Photographier : Fermer les yeux et visualiser le mot mentalement.
Écrire dans les airs : Tracer les lettres avec le doigt en grand pour engager le corps.
Écrire et vérifier : L’enfant écrit et s'auto-vérifie immédiatement.
Astuce 2 : Des "images folles" pour ancrer le sens (Le cas "Halle" et les tables)
La mémoire visuelle et l'imagerie mentale compensent souvent les déficits phonologiques (Dehaene). Associer une information abstraite à une image absurde permet une mémorisation immédiate là où les méthodes classiques échouent.
Exemple concret (orthographe) : Pour le mot "Halle", imaginez un marché couvert géant débordant d'étals colorés. L'enfant se projette dans l'image, et le mot prend vie.
Exemple concret (Mathématiques) : C'est le principe utilisé par la méthode MultiMalin pour les tables de multiplication. L'absurdité de l'image crée un ancrage émotionnel et visuel indélébile.

Astuce 3 : La Boîte de Leitner pour les cours (Histoire, Sciences, Maths)
Ce système est extrêmement puissant pour les contenus structurés : chapitres d'histoire, schémas de sciences, formules de maths ou définitions.
Le principe :
Utilisez une boîte à compartiments. Si l'enfant connaît sa réponse, la fiche avance vers le compartiment suivant. Plus le concept est maîtrisé, plus les révisions s'espacent dans le temps (répétition espacée). Cette méthode consolide durablement les connexions neuronales.
Astuce 4 : Le "Bocal de vocabulaire" (Langues étrangères)
Pour les langues, un simple bocal avec des petits papiers (Français au recto / Anglais au verso) est un excellent outil. L'enfant pioche, manipule, s'interroge et déplie pour vérifier.
L'avantage : C'est ludique et peu contraignant. Une auto-évaluation de 5 minutes par jour suffit pour s'approprier le vocabulaire sans saturation.

Astuce 5 : La manipulation sensorielle (Droit à l'erreur et plaisir)
Si le geste graphique (écrire au stylo) est trop coûteux ou stressant, changez de support ! L'objectif est d'engager le corps sans la peur de mal faire :
Le tableau blanc : Très apprécié des enfants, il permet d'effacer instantanément. L'erreur ne laisse pas de trace "sale" sur le papier, ce qui libère de la pression : on essaie, on efface, on recommence simplement.
Le bac sensoriel : Écrire avec le doigt dans de la farine, de la semoule ou du sable. C'est tactile et très mémorable pour le cerveau.
Les lettres mobiles : Utiliser des lettres de Scrabble ou aimantées pour construire le mot physiquement avant de l'écrire.
Conclusion
L'usage de l'imagerie mentale et du fractionnement respectueux du rythme de l'enfant transforme l'apprentissage. En associant ces astuces de neuroéducation à une approche bienveillante à la maison, il est possible de redonner le plaisir d'apprendre et de réussir à chaque enfant, quel que soit son profil.
Sources et références
Steve Masson - Activer ses neurones pour mieux apprendre et enseigner (Odile Jacob, 2020) → Récupération active > relecture passive.
Stanislas Dehaene - Collège de France, Chaire Psychologie cognitive → Plasticité cérébrale & apprentissage lecture.
Jean-Philippe Lachaux - INSERM, Directeur de recherche → Mécanismes de l'attention & synchronisation neuronale.
Matthieu Protin (MultiMalin) - Imagerie mentale et mémorisation des tables de multiplication.
Inserm - Dyslexie, dysorthographie et dyscalculie : Bilan des données acquises.
Inserm - Troubles du neurodéveloppement : TDAH et comorbidités.
France Dyslexie - Approches multisensorielles validées.
Pratiques en orthopédagogie - Visualisation mentale, système Leitner adapté, bocal d'auto-évaluation et fractionnement attentionnel.



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